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Arrêt 2G/3G : calendrier Orange, Bouygues, SFR, Free

Les quatre opérateurs français ferment leurs réseaux 2G et 3G entre 2026 et 2030. Ce n'est pas un horizon lointain : pour les PME qui gèrent des flottes ou des objets connectés, c'est maintenant.

2G 3G Forfait GSM IoT

Karim B. gère la flotte d'une entreprise de contrôle de température en chambre froide dans le Val-de-Marne. Quatre-vingt-douze sondes installées chez ses clients transmettent leurs relevés par GSM toutes les quinze minutes. Le système tourne sans faillir depuis 2012. En février 2026, un message automatique est remonté : « 18 sondes déconnectées, zone Île-de-France sud ». Karim a d'abord pensé à un incident réseau ponctuel, puis à une défaillance matérielle en série. C'est son opérateur, deux semaines plus tard, qui lui a expliqué : la zone concernée venait de basculer en 4G-only sur le site radio local, et les sondes, équipées d'anciens modules 2G, n'avaient tout simplement plus de signal. Dix-huit clients, dix-huit contrats de maintenance, dix-huit sondes à remplacer en urgence.

L'arrêt des réseaux 2G et 3G est le deuxième grand chantier télécom que traversent les entreprises françaises, en parallèle de la fermeture du cuivre. Il est moins médiatisé, mais ses conséquences sur les parcs d'objets connectés, les flottes mobiles et certains équipements professionnels sont aussi directes. Et il a cette particularité : chaque opérateur a son propre calendrier, ce qui crée un patchwork d'échéances que les gestionnaires de flotte doivent comprendre.

Pourquoi les opérateurs ferment 2G et 3G

Les réseaux mobiles fonctionnent par couches technologiques : 2G (lancée dans les années 1990), 3G (début des années 2000), 4G (2010+), 5G (2020+). Chaque couche utilise des bandes de fréquences spécifiques, des équipements d'antenne dédiés, et un cœur de réseau distinct. Maintenir quatre couches en parallèle est coûteux en énergie, en équipements et en licences de fréquences.

La 2G et la 3G sont devenues, en 2026, très peu utilisées pour la voix humaine (remplacée par la VoLTE/4G) et pour le data classique (remplacé par 4G et 5G). Elles ne servent plus qu'à une catégorie d'usages : les objets connectés anciens équipés de modules radio bas de gamme, et les rares équipements historiques qui ne savent pas faire autrement. Éteindre ces couches libère des fréquences, réduit la consommation électrique des réseaux, et permet de densifier la 4G et la 5G avec les mêmes sites physiques.

L'Arcep a acté cette transition dès 2022 et accompagne les opérateurs dans une fermeture ordonnée. Chacun a communiqué son calendrier, qui fait office d'engagement public.

Le calendrier officiel par opérateur

Au moment où nous écrivons (avril 2026), voici les dates officielles communiquées par chaque opérateur. Elles peuvent évoluer à la marge mais constituent la référence à prendre en compte pour toute migration.

Opérateur Fin de la 3G Fin de la 2G Notes
Orange Fin 2028 Fin 2030 Extinction progressive par zones
SFR Fin 2028 Fin 2030 Calendrier proche d'Orange
Bouygues Telecom Fin 2026 Fin 2030 3G supprimée plus tôt
Free Mobile Itinérance Orange Itinérance Orange Calendrier aligné sur Orange

Ces dates sont des dates nationales de fin complète. En pratique, la fermeture se fait site par site, zone par zone, et certaines parties de territoire peuvent perdre la 2G ou la 3G bien avant l'échéance officielle. Une zone rurale dense où la 4G a déjà pris le relais verra la 2G éteinte dès 2026-2027 pour libérer des sites et réduire la consommation. À l'inverse, certaines zones spécifiques peuvent conserver un service 2G résiduel jusqu'à la toute fin 2030 pour assurer la continuité des équipements les plus anciens.

Le cas particulier de Bouygues

Bouygues Telecom a annoncé dès 2023 une fermeture accélérée de son réseau 3G, avec une cible fin 2026. Concrètement, cela signifie qu'une carte SIM Bouygues dans un équipement qui ne sait faire que de la 3G (et pas de 4G) aura rapidement des problèmes dès la fin 2026 dans certaines zones, et sera totalement inopérante début 2027. La 2G Bouygues reste en revanche maintenue jusqu'en 2030, alignée avec les autres opérateurs.

Pour les gestionnaires de flotte avec des cartes Bouygues sur des équipements 3G-only, l'alerte est maintenant : il faut migrer dans les 8 à 12 mois, pas dans les 4 ans.

Le piège de l'itinérance Free

Free Mobile, qui utilise son propre réseau 4G/5G plus l'itinérance (roaming) Orange pour la 2G/3G historiquement, verra son périmètre d'itinérance disparaître en même temps que le réseau Orange hôte. En pratique, un équipement 2G avec carte SIM Free dans une zone couverte uniquement en itinérance Orange perdra son service en même temps que la fermeture Orange locale.

Pour les flottes IoT multi-opérateurs, la règle pratique est simple : si l'équipement est 2G-only ou 3G-only, il ne survivra pas à 2030 quel que soit l'opérateur. Aucun opérateur ne maintiendra un réseau historique après cette échéance.

2026

Premières fermetures 3G zone par zone (Bouygues en tête)

2028

Fin officielle 3G pour Orange, SFR, Bouygues

2030

Fin officielle 2G — plus aucun opérateur

Ce qui est vraiment touché

Le grand public est quasiment épargné : un smartphone moderne gère toutes les couches (2G, 3G, 4G, 5G) et bascule automatiquement sur la plus récente disponible. Quand la 3G disparaît, il utilise la 4G, et le propriétaire ne s'en aperçoit pas.

Ce qui est vraiment touché, c'est l'IoT professionnel déployé avant 2018 : sondes de température, compteurs intelligents, alarmes à transmetteur 2G/3G, équipements de géolocalisation sur utilitaires anciens, boîtiers de télérelève, dispositifs d'alerte pour travailleurs isolés (PTI) dans leur version historique. Ces équipements ont été installés par vagues successives et intègrent des modules radio qui, à l'époque, étaient la bonne technologie — mais qui ont douze à quinze ans d'ancienneté en 2026 et ne savent pas parler autre chose.

Touché aussi : les quelques téléphones mobiles basiques 2G encore en circulation, souvent utilisés comme téléphones de chantier, téléphones de secours dans des ERP, ou téléphones d'urgence pour seniors. Ils deviendront muets à la fermeture locale.

Que faire quand on est gestionnaire de flotte

La démarche pratique pour une PME qui exploite un parc IoT ou mobile est en trois temps : inventorier, cartographier, planifier.

L'inventaire commence par la liste des équipements mobiles en production : sondes, boîtiers, terminaux, téléphones. Pour chacun, noter la marque, le modèle, et surtout le type de modem radio. Les spécifications fabricant mentionnent généralement « 2G GSM », « 3G UMTS », « 4G LTE Cat-1 / Cat-M1 / NB-IoT », etc. Si vous trouvez uniquement « 2G » ou « 2G/3G » dans les spécifications, l'équipement est condamné. S'il mentionne « 4G » ou « LTE-M », il survivra à la transition.

La cartographie consiste à classer les équipements en trois catégories : ceux qui sont 4G-compatibles (pas d'action immédiate), ceux qui sont 2G/3G-only (à remplacer impérativement), et ceux pour lesquels la spécification est incertaine ou perdue (à faire tester en conditions réelles ou à considérer comme à risque).

La planification, enfin, consiste à séquencer les remplacements en fonction de la criticité : les équipements de sécurité (alarmes, PTI, télésurveillance) en premier, les équipements de supervision (sondes, compteurs) ensuite, les équipements de confort en dernier.

Sur mes 92 sondes, j'en ai retrouvé 34 qui étaient purement 2G. J'ai planifié le remplacement en 3 lots sur 6 mois. Celles qui étaient déjà en 4G LTE-M, je les ai laissées : elles vivront encore 10 ans.

Karim B., responsable flotte IoT chambres froides — 92 équipements en service

Ne pas confondre 2G et VoLTE

Un point de confusion fréquent : la fin de la 2G ne veut pas dire la fin des appels voix sur les téléphones basiques. La voix continue à fonctionner, mais elle passe désormais par la VoLTE (Voice over LTE), qui est la voix portée par la 4G. Tous les téléphones récents savent faire de la VoLTE. Le vieux Nokia 3310 nouvelle version, par exemple, est compatible VoLTE et survivra à la transition. Seuls les téléphones purement 2G (modèles des années 2000 dont il ne reste quasiment plus rien en circulation professionnelle) disparaîtront.

Pour une flotte mobile professionnelle classique (smartphones Android/iOS des 5 dernières années), il n'y a rien à faire : la transition est transparente.

Par où commencer

Si vous pensez avoir des équipements concernés dans votre flotte, la première étape est un audit de compatibilité. Cybera Télécom propose un audit gratuit qui inventorie votre parc, vérifie les spécifications techniques auprès des fabricants, et vous livre une liste priorisée des remplacements à faire avec les budgets associés.

Et pour la suite — les solutions de remplacement en 4G et LTE-M, les cartes SIM adaptées à l'IoT moderne, les pièges à éviter — nous consacrons l'article suivant aux détails opérationnels de la migration. Karim, lui, a terminé son plan de remplacement en septembre 2026. 62 nouvelles sondes 4G LTE-M, deux modèles standardisés, installation étalée sur 4 mois. « Je n'ai plus peur des SMS d'alerte de mon opérateur. »

Sources & références

  1. Arcep — « Plan de fermeture des réseaux 2G et 3G », communication 2022-2025
  2. Orange — « Calendrier d'extinction 2G/3G », documentation publique 2024
  3. Bouygues Telecom — Annonce de fermeture 3G, presse 2023
  4. GSMA — « 2G/3G sunset global tracker », rapport 2025

Les témoignages et cas présentés dans cet article sont des reconstructions basées sur des situations réelles rencontrées par Cybera Télécom ou documentées dans la presse spécialisée. Les noms, fonctions et détails identifiants ont été modifiés pour préserver l'anonymat.

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